Apres 6 mois de vie commune ,24h/24 , avec Jeremy on se separe pour 3 semaines. Il pose son velo pour decouvrir le Perou avec sa copine Estelle, qui est venue le rejoindre . Moi je continue ma route à velo avec Arnaud, direction le nord.
C'est fini les grands plateaux Boliviens, le Perou c'est des cols à 4000m et des rivieres à 2000m d'altitude. On fait que monter des cols de 40km mais une fois en haut la vue est grandiose, Ensuite de la descente, pas un coup de pedale en 40min: un record !!!!. Des routes de bonne qualité, pas le temps de s'ennuyer avec tous ces virages ;
Bivouac à coté d'une pissiculture de truite. Petite visite de l'exploitation, en nous montrant toutes les etapes, des oeufs de quelques jours aux truites de 50cm d'un an.
Bivouac dans des eaux thermales. On est samedi: les bains sont remplis de Péruviens; certains viennent pour prendre une douche chaude; sachets de shampooing qui trainent de partout mais ça ne les dérange pas.
Marché de Abancay, On mange un petit menu du jour (Ceviche) en même temps on fait nos courses, demandant conseil aux vendeuses. Une d'elle nous met une poigne de menthe et de persil en cadeau. Au menu ce soir melange de legume coupés et épluchés (carotte, petit poid, celeri, oignon) Viande en petits morceaux et en feculent du blé. 2 jeunes Peruviennes nous offre un verre de chicha (jus de mais rouge). Toutes les vendeuses nous regardent et rigolent, c'est le monde à l'envers!!! Pres à repartir ma selle est déboîtée : 30minutes à forcer dessus, c'est bon on part! Arnaud s'apercoit qu'il a crevé ! ! ! . Il est 13heures, l'ecole est finie, des enfants viennent parler avec nous: à l'aide de la carte on leur montre notre trajet. Apres 2 heures dans le marché nous voila enfin partis. On a vraiment l'impression de s'être donné en spectacle, les marches d´escalier étaient la scene et les vendeuses, notre public .
Finit le joli Bitum on s'engage pour 70km de piste en travaux, il nous faudra 2 jours pour les franchir.
On se retrouve bloqués pendant 2 heures: personne ne peux passer des monticules de terre sur la piste.
La route coupée nous permet de faire la connaissance d'un camionneur qui transporte du ciment il nous propose de nous emener un peu apres un col, on accepte avec un grand sourire. A midi pile la route est degagée, on monte vite sur la remorque c'est partit pour le manege ! ! ! Ces 38 tonnes, une route en construction et ses pneus en trés mauvais etat : il patine; on reste coincés 30mn dans une epingle. on se sent inutiles il galere + + . A la 4eme tentative ça passe enfin . Petit casse croute insolite. Et apres, obligatoire: quel que soit le lieu, une petite sieste s'impose ..
.La route est de nouveau fermée; on avance pas tout le temps, bloqués par les miss PARE/SIGA (Stop/avancer) elles ont des ordres :personne ne passe jusqu'à une certaine heure; Apres 10 minutes à parlementer, on lui dit qu'on passe quand même, peut être qu'à vélo ça passe? On l'entend crier dans son takiwalki "Jose Jose dos gringo con bicycleta llegan". 200m plus loin une nouvelle miss PARE nous arrête, on voit qu'on peut pas passer: on attend 2 heures.
Bivouac à coté d'une petite epicerie : les proprietaires nous proposent leur jardin pour la nuit : c'est COOL !
Au menu de ce soir: poisson au Barbeuc qu'on a acheté dans un petit magasin. Je me reveille dans la nuit completement malade, diarrhées et vomissements. A 3600m d´altitude 0°c je rigolle pas. Le lendemain ça va toujours pas: j'ai aucune force et rien dans le ventre. Arnaud un peu malade aussi mais moins que moi emballe toutes mes affaires, on va au bord de la route pour faire du Stop. RIEN !! il part dans un petit village à coté, et revient avec un taxi: on se retrouve à 6 dans le break avec les 2 velos et les bagages dans le coffre; 1h30 de voiture pour rejoindre une ville où je pourrai me reposer. Arrivé en ville je sombre dans un lit d'hotel. C'est la 3eme fois du voyage que cela m'arrive mais celle là était la plus violente. Loin de tous on se sent vulnérable. Pour l'histoire peu de personne achete des poissons comme ça il sont souvent tres vieux, et pas vidés, mon estomac n'a pas supporté .
